L’Animation socioculturelle et l’action humanitaire, quels liens ?
Trois approches temporelles
Le domaine reconnaissable de l’humanitaire, délimité par ses propres actions, largement communiquées auprès des donateurs, bienfaiteurs, mécènes, pouvoirs publics, sponsors et tout public en général, s’inscrit dans un processus chronologique permettant le juste déploiement de son entreprise.
En trois temps : l’Avant, le Pendant, et l’Après.
Le Pendant (le cœur visible) requiert des compétences professionnelles spécifiques liées aux caractéristiques de l’urgence d’une action incluant les préliminaires (autorisations internationales, déplacements, logistique, etc.) pour, ensuite, mobiliser des qualifications médicales, sanitaires, militaires, policières et diplomatiques (ex: CICR / visites aux détenus, camps de réfugiés, etc.); autant de métiers bénéficiant de leurs programmes de formations pré-établis.
L’Après, souvent lié au post-conflit violent ou aux traumatismes suivant une catastrophe naturelle, engage les professions soignantes, pédagogiques, de santé psychique et toutes celles liées à la reconstruction matérielle.
L’Avant, sous-développé, peu spectaculaire – donc délaissé par les médias et les donateurs – rassemble quelques éducateurs, enseignants et – à le souhaiter – des Animateurs socioculturels, agissant, en mode préventif, par des actions de sensibilisation, tout en constituant des réseaux communautaires ; autant de mises en collectif contribuant aux échanges de connaissances, à la solidarité, à l’évitement d’une isolation des souffrances pouvant dégénérer à terme.
L’Avant c’est aussi l’ici, l’ici occidental, Européen, Suisse. L’Animateur socioculturel peut, en effet, agir dans son entourage immédiat, «faire» de l’humanitaire une affaire de proximité par la sensibilisation des personnes et des groupes qui ont pouvoir d’influence sur les décisions politiques (Administration publique des Affaires étrangères, militaires, de coopération, d’asile, populations migrantes, etc.).
L’Animateur socioculturel accompagne les citoyens dans leurs efforts et leurs pressions politiques sur les Etats et leurs relations transnationales, leurs choix stratégiques de commercialisations extérieures. Ce sont les enjeux de responsabilisations sociale et humanitaire, face auxquels l’Animateur socioculturel apportera sa contribution, forts de son enthousiasme et de ses compétences professionnelles.




